Un sacré coup de frein sur les prix immobiliers à Paris

L’accalmie entrevue au printemps dernier se confirme avec des acheteurs de plus en plus enclins à réfléchir avant d’investir.

À Paris, l’immobilier ne flambe plus! Un chiffre pour illustrer cette tendance inédite: +0,7%. C’est l’évolution des prix entre août et décembre 2020 qu’anticipent les notaires du Grand Paris dans leur dernière étude, en se basant sur les avant-contrats. On est loin des «flambées» qu’on a connues ces dernières années dans la capitale. Le prix au m² passerait ainsi de 10.720 euros en moyenne en août à 10.790 quatre mois plus tard.

La hausse annuelle de 7,4% entre janvier et août 2020 serait ainsi ramenée à 5,5% entre janvier et décembre 2020 si ce rythme se confirme. Ce qui reste, au passage, une sacrée augmentation. Mais l’ambiance du marché change. La crise sanitaire n’est évidemment pas étrangère à cette évolution. «À Paris plus qu’en Ile-de-France, les acheteurs sont plus exigeants et plus raisonnables et le marché devient plus sain», décrypte Me Élodie Frémont, notaire à Paris.

Une nouvelle donne qui génère des «tensions», de plus en plus en de négociations – autour de 5% en moyenne – et change le profil des biens vendus. «Nous constatons plus de ventes de studios et de deux-pièces que de grandes surfaces dont les ventes n’évoluent pas, par peur des incertitudes économiques», ajoute Élodie Frémont.

Et qui pourrait engendrer une baisse des prix dans la capitale? La notaire parisienne ne croit pas que l’«effet lassitude» lié à la crise puisse générer un «krach immobilier». «L’engouement des Français pour la valeur refuge que constitue la pierre, reste intact malgré la crise», rétorque Élodie Frémont qui estime que «ce ralentissement est ponctuel».

Certains ménages, raconte-t-elle, vont même jusqu’à vider leur …Livret A – et moins leur PEL (Plan d’épargne logement), signe qu’il n’est plus vraiment destiné à financer un achat immobilier – pour s’acheter un studio ou une chambre de service «alors que la rentabilité locative n’est pas élevée». «La pierre est un refuge et non un véritable placement, décrypte Élodie Frémont. L’acheteur parisien reporte le produit de son épargne dans l’immobilier même à rentabilité faible car il préfère la sécurité à la rentabilité.»

Si l’accalmie est de mise à Paris, c’est désormais dans le reste de l’Ile-de-France que les prix de l’immobilier flambent. Logique avec l’engouement accru des ménages pour les maisons mais pas que. Ainsi, en Petite Couronne et en Grande Couronne, les prix pourraient grimper d’ici décembre entre 6% et 7% sur un an – contre +4% actuellement- aussi bien pour les maisons que pour les appartements, selon les notaires du Grand Paris. «La crise sanitaire bouscule le marché immobilier et change la façon de vivre des ménages», conclut Élodie Frémont.

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